Le concept
Interview de Bertrand 🎤
Le cerveau (un peu fou) derrière Disco Crêpes.
Derrière cette drôle de crêperie du Marais se cache Bertrand : traiteur événementiel, formateur, amoureux des crêpes sous toutes leurs formes… et grand collectionneur d’idées improbables.
Après des années à faire voyager ses billigs sur des salons, festivals et événements d’entreprise, une question s’est imposée : pourquoi ne pas créer un lieu fixe, vivant, gourmand et un peu différent ?
Voici quelques réponses pour mieux comprendre l’histoire, le concept et les coulisses de Disco Crêpes.
Pourquoi ouvrir une crêperie à emporter ?
Pendant près de 10 ans, nous avons fait des animations crêpes un peu partout en Île-de-France : salons professionnels, événements d’entreprise, festivals, animations gourmandes…
Un métier passionnant. Très intense aussi.
Mais l’événementiel a une particularité étrange : on fait parfois des centaines de crêpes dans une journée… sans jamais revoir les gourmands.
Pas de quartier. Peu d’habitués. Peu de fidélisation.
Et puis il y a la logistique : transporter 3 à 5 m² de matériel, déplacer des crêpières de 20 kg, gérer la chaîne du froid, les branchements électriques, les livraisons, le stockage ou les contraintes sanitaires fait partie du quotidien.
Sans oublier un autre patron assez imprévisible : la météo. La pluie, le froid, le vent ou une journée caniculaire peuvent transformer un événement très prometteur en gros moment de stress.
Enfin, il y a aussi la saisonnalité : une très forte activité entre novembre et avril, puis des périodes plus calmes le reste de l’année.
L’idée d’une crêperie à emporter dans le Marais à Paris est née un peu de là.
Créer un lieu fixe, vivant, chaleureux.
Un endroit où l’on retrouve les gens.
Où les clients deviennent des habitués.
Et puis il y a une autre évidence : ces dernières années, la consommation nomade et le snacking de qualité ont explosé.
Tacos, poké bowls, poulet grillé, sandwichs premium, street food créative…
Les jeunes générations aiment manger vite, bien, dehors, entre amis ou sur le pouce.
Nous nous sommes dit qu’il y avait peut-être de la place pour une crêperie à emporter différente à Paris : plus vivante, plus créative, plus gourmande.
Et franchement… on avait très envie d’essayer avec une offre insolite.
Que propose-t-elle d’insolite ?
La crêperie en France est souvent restée très traditionnelle.
Pendant ce temps, la pizza, le burger ou le café ont connu de vraies révolutions.
Chez Disco Crêpes, une question s’est imposée :
Et si on faisait la même chose avec la crêpe et la galette ?
Une approche moderne et décomplexée qui respecte le meilleur de la crêpe et de la galette bretonne tout en renouvelant le genre.
Les grands classiques…
Tu trouveras toujours les grands classiques tant en salé (complète, végétarienne etc.) qu'en sucré (banane, Nutella, caramel au beurre salé, chantilly, citron...). Et bien entendu exécution à l'ancienne : beurre demi-sel, jamais de précuisson, jamais de crêpes industrielles sous-vide ou congelées, pâte maison (pas de lait versé dans de la poudre à diluer).
Mais aussi des « délices » du moment : pancakes, gaufres, pain perdu, beignets, créations feel good et recettes improbables assumées.
... Et les surprises
Certaines recettes changent selon :
- les saisons (Saint-Valentin, Saint-Patrick, galette des rois…)
- l’actualité ou les tendances virales sur les réseaux sociaux
- les régions ou pays du monde (Italie, Provence, Nord, inspirations fusion…)
- les techniques de pâtisserie ou de cocktail (crêpes flambées, pâtes aromatisées, dressages créatifs, crêpes fluorescentes, utilisation de farines rares…)
Une crêperie artisanale dans le Marais à Paris, qui respecte la tradition… mais refuse de s’ennuyer.
Et côté déco ?
Beaucoup de temps a été passé à réfléchir à la déco.
Et une chose était sûre :
Pas de crabes en plastique, de filets de pêche suspendus ou de gouvernail en laiton accroché au mur.
Ici, c’est 100 % disco.
Des murs recouverts de mosaïques de miroirs, des lustres fabriqués à partir de pots de Nutella, des suspensions faites de bonbons Haribo et même des abat-jours en… crêpes.
L’idée ? Créer un lieu immersif, joyeux et légèrement inattendu, à mi-chemin entre la gourmandise, le kitsch assumé et le plaisir de ne pas trop se prendre au sérieux.
Et comme une discothèque sans lumière, c’est un peu triste… les clients peuvent allumer eux-mêmes certains effets lumineux : stroboscope, spots, lasers, lumières colorées… et choisir la musique.
Avec quelques surprises dans les playlists, of course.
Êtes-vous une crêperie bretonne ?
Oui… et non.
On aime profondément les crêpes bretonnes et les galettes de sarrasin. Fines, croustillantes et généreusement cuites au beurre demi-sel.
Nous utilisons les techniques traditionnelles, les bons gestes, les billigs, les recettes éprouvées et un vrai respect du savoir-faire breton.
J’ai d’ailleurs effectué de nombreux déplacements en Bretagne pour filmer une minoterie, des champs de sarrasin, interviewer un historien sur l’histoire de la crêpe ou encore couvrir le Championnat de France du Meilleur Crêpier.
Mais la vérité, c’est qu’au cœur du Marais à Paris, près de la moitié des clients ne sont pas français.
Beaucoup découvrent même le sarrasin pour la première fois. Et, soyons honnêtes, personne ne réclame vraiment de galette-saucisse ou d’andouille de Guéméné.
Les envies sont souvent ailleurs : fraises en novembre ou crêpes de froment salée, un péché presque absolu en Bretagne.
Et finalement, c’est très bien comme ça.
Au fond, ce qui compte n’est pas l’origine du crêpier.
C’est le goût de la crêpe.
Alors quand on nous demande si nous sommes bretons, la réponse est souvent :
« Oui… bretons de cœur. »
Comment est venu le nom « Disco Crêpes » ?
L’histoire commence quelques années avant l’ouverture de la crêperie.
À l’époque, j’ai participé à La France a un Incroyable Talent avec un personnage un peu improbable : DJ Crêpes.
Le concept ? Une crêpière rotative, de la musique, un peu de spectacle… un mini cours à Karine Le Marchand et même une crêpe servie à Marianne James sur un disque vinyle.
À ma grande surprise, cela a créé un petit buzz sur les réseaux sociaux et donné naissance à un univers qui me plaisait beaucoup : sans prétention, ludique, convivial et joyeusement décalé.
Quand il a fallu trouver un nom pour la crêperie, plusieurs idées ont circulé.
Mais Disco Crêpes s’est imposé assez vite.
Le nom était joyeux, facile à retenir, un peu insolite… et racontait déjà une histoire avant même de pousser la porte.
Et surtout, il ressemblait exactement à ce que j’avais envie de créer : une crêperie gourmande, créative et un peu décalée dans le Marais à Paris.
D’ailleurs, il se passe un truc assez drôle.
Toute la journée, des passants regardent l’enseigne en marchant et répètent spontanément :
« Disco Crêpes ! »
Souvent avec un sourire.
Et à chaque fois, je me dis qu’on a probablement choisi le bon nom.